Dossier Maurice Rollinat

 

MAURICE ROLLINAT DANS LA PRESSE

Portrait de Maurice Rollinat par Catherine Réault-Crosnier.

 

Le Figaro

Mardi 21 novembre 1882

Page 1

(Voir le texte d’origine sur Gallica)

 

 

MAURICE ROLLINAT AU FIGARO

 

Après l’article que nous avons consacré au poète, tous les collaborateurs du Figaro ont voulu voir et entendre M. Rollinat ; nous l’avons donc prié de vouloir bien venir passer la soirée avec nous, entre amis, et de nous faire entendre un choix de ses œuvres. Le poète est venu ; il a tenu son public sous le charme de son talent ; il a dit devant un auditoire frémissant, les Frissons, le Chat, les Chevelures et Troppmann ; il a chanté le Bûcheron, de Dupont, mis en musique par lui, et la Chanson d’automne, dont il a fait les vers et composé le chant et qu’il dit avec une chaleur et un sentiment étonnants.

Certes, M. Rollinat est appelé à remporter de grands succès, mais jamais il ne trouvera de public plus reconnaissant que le groupe d’artistes qui a applaudi hier soir chez nous ce prodigieux artiste, qui est à la fois poète, musicien et acteur d’un ordre supérieur. Le Figaro a, séance tenante, choisi dans les œuvres inédites de M. Rollinat, que prépare l’éditeur Charpentier, quelques pages exquises que nous offrirons prochainement à nos lecteurs. Nous voulons, après leur avoir présenté le poète, faire connaître à nos abonnés quelques-unes de ses œuvres, qui conservent leur puissante saveur, l’originalité et toutes les séductions d’une belle imagination, alors que l’auteur ne les dit pas lui-même.

Le cercle choisi d’amis, à qui nous avons présenté Rollinat hier, a été tout simplement émerveillé par ce talent, à peu près inconnu il y a quinze jours, et que nous avons eu la satisfaction de mettre en évidence.

Les entr’actes de cette soirée littéraire ont été remplis par un artiste autrichien, M. Auguste Harpf, qui a joué sur la cithare, l’instrument particulier des montagnes du Tyrol, une suite de chants populaires de son pays qui ont eu le plus vif succès.

 

 

Remarque de Régis Crosnier : L’article visé au premier paragraphe est celui d’Albert Wolff paru dans l’édition du jeudi 9 novembre 1882, page 1, et intitulé Courrier de Paris.